Solotech célèbre un anniversaire marquant

Par Kevin Young

Fondée à Montréal, en 1977, Solotech est devenue un fournisseur de solutions et de services techniques d’envergure internationale pour un vaste éventail de clients, de secteurs et d’applications dans le monde entier.

Depuis son 35e anniversaire, en 2012, l’entreprise a poursuivi son expansion et son évolution afin de toujours mieux servir sa clientèle grandissante, tout en adoptant et en déployant des technologies de pointe provenant des divers segments technologiques qu’elle couvre.

Afin d’obtenir un aperçu des récents efforts, des activités et de l’orientation future de Solotech, le magazine Professional Lighting & Production a interviewé Philip Giffard et Martin Chouinard, qui sont respectivement les présidents des divisions Vente et intégration et Location de l’entreprise, ainsi que le président et chef de la direction, Martin Tremblay.

C’est le 1er juin 2017 que Solotech a annoncé la nomination de Martin Tremblay au poste de président et chef de la direction. Fort de ses nombreuses années d’expérience dans le domaine du divertissement et de la technologie, il a notamment occupé le poste de président et chef de la direction d’Ubisoft avant de s’installer à Los Angeles, où il a d’abord exercé les fonctions de président et chef de la direction, puis de président des studios mondiaux de Vivendi Games. Il est ensuite devenu président de Warner Brothers Interactive Entertainment (WBIE) et vice-président directeur de la stratégie et du développement du groupe Juste pour rire.

L’expérience diversifiée de Martin dans les domaines du divertissement et de la technologie cadre bien avec la croissance soutenue et la vision en constante évolution de Solotech, et un lien évident unit ses antécédents et l’expertise de l’entreprise. Il a joué un rôle déterminant auprès de ses collègues, de ses clients et de ses consommateurs en leur fournissant les outils requis en matière de conception et d’ingénierie. L’une de ses forces réside dans sa capacité à s’assurer que les produits qui ne semblent pas forcément compatibles au premier coup d’œil s’harmonisent finalement au service d’une vision commune.

Sans grande surprise, Martin se projette dans l’avenir et se demande constamment à quoi ressemblera l’entreprise dans cinq ans.

« C’est entre autres parce qu’elle mise autant sur l’innovation que la société a su fidéliser ses clients à long terme. Elle est guidée par une volonté constante d’offrir des expériences de pointe plus grandes que nature à ses clients ainsi qu’à la clientèle de ces derniers, au public et aux consommateurs.

« Cela s’applique à toutes les facettes de l’entreprise – de la tournée à la location, en passant par l’intégration et d’autres divisions. « Nous promettons à nos clients de les faire participer, de les faire rayonner et de surveiller leurs arrières, dit Martin en riant. Nous ne sommes pas la vedette du spectacle, mais nous veillons à sa qualité. J’admire notre personnel. Chacun est complètement passionné par ce qu’il fait et ça me rejoint. Je crois en effet que tout est une question de passion. Personne ne pourrait accomplir notre travail sans être animé par cette passion. »

« L’entreprise, dont le siège social est situé à Montréal, est devenue un joueur de premier plan au fil du temps et sa clientèle compte aujourd’hui des artistes et des entreprises de divertissement parmi les plus réputés au monde – un succès qui découle des nombreux efforts de Denis Lefrançois, le fondateur de Solotech.

En 1975, Denis, alors concepteur et fabricant de haut-parleurs, a été approché par le Comité olympique de Montréal afin de fournir et de gérer les systèmes audio dans le cadre des Jeux olympiques d’été de 1976. Celui-ci a relevé le défi avec brio et, au cours de l’année et demie suivante, il a fourni la main-d’œuvre et l’équipement nécessaires pour répondre aux vastes besoins des jeux en matière de systèmes audio. Après les Jeux olympiques, Denis et son partenaire André Riendeau ont fait l’acquisition de l’une des principales sociétés avec lesquelles ils avaient travaillé pour les événements, Audio Analysts, et ont lancé Solotech en tant que fournisseur de matériel audio, en 1977. En un an, ils ont triplé leurs revenus et ont rapidement entrepris une série d’acquisitions et d’expansions.

Devenue une force dominante sur le marché de l’audio au Québec, Solotech a ensuite étendu sa portée et sa variété de services. En 1984, l’entreprise a acquis la société Éclairage Tanguay, chef de file québécois en matière d’éclairage, et s’est alors diversifiée dans la location, la vente et l’entretien de matériel d’éclairage professionnel.

Avant 1990, Solotech avait également ajouté la technologie vidéo à sa gamme de services et gonflé son personnel puis, au cours des cinq années qui ont suivi, elle a complété son offre par des services multimédias et audiovisuels, et a créé une division d’intégration.

Après avoir réalisé d’autres acquisitions, dont les activités d’Audio Analysts aux États-Unis au milieu de l’année 2011, Solotech a poursuivi sa croissance à l’échelle internationale. Également en 2011, elle a établi son nouveau siège social à Montréal – des installations d’une superficie de 265 000 pi2 – dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. La vue imprenable sur le Stade olympique rappelle constamment à tout le personnel ce qui a servi d’élément déclencheur à la création de l’entreprise.

En fin de compte, Solotech a été vendue en 2013 à un trio d’actionnaires : Claridge inc., Capital régional et coopératif Desjardins et Investissement Québec (IQ). Cela dit, l’approche de croissance de l’entreprise ainsi que ses valeurs fondamentales sont, comme toujours, axées sur l’innovation, l’inspiration et le client.

« Notre objectif principal, c’est d’arriver à recréer la vision de nos clients et l’expérience qu’ils ont imaginée, lance Philip Giffard. En faisant preuve d’innovation et d’inspiration, nous sommes en mesure d’offrir la meilleure technologie qui soit et, en formant constamment notre personnel sur les nouvelles technologies et en investissant dans nos employés, nous consolidons notre capacité à concrétiser la vision de nos clients tout en respectant leur budget. »

Philip Giffard a rejoint les rangs de Solotech en 2016, mais il connaissait déjà très bien la direction prise par l’entreprise et les étapes qu’elle avait franchies pour assurer son expansion tant à l’échelle nationale qu’internationale. Parmi ces étapes figure l’achat, en 2015, d’une entreprise d’éclairage et de vidéo torontoise, Midnite Hour, qui deviendra par la suite le bureau de Solotech à Toronto. Ce dernier devrait d’ailleurs grossir rapidement, car il représente la plus grande occasion de croissance pour Solotech au Canada.

En mars 2016, Solotech a aussi ouvert un bureau à Nashville, marquant le début d’une expansion aux États-Unis – un effort doublé en octobre 2016 avec la création du bureau de DeKalb, en Illinois. Bien que, pour le moment, ces deux emplacements servent principalement à la division des locations, Solotech prévoit de mettre à profit, dans un proche avenir, l’expertise des équipes en place pour accélérer sa croissance sur le marché américain.

L’intégration, le point de mire de Philip, a également connu un accroissement rapide. « Nous avons récemment terminé le Park Theatre de Las Vegas au Monte Carlo, signale-t-il. Nous avons aussi mené à bien la majeure partie du travail au Centre Bell de Montréal et au Centre Vidéotron de Québec, ainsi qu’au Colosseum du Caesar’s Palace, où Céline a chanté. » Parmi les autres projets d’intégration d’envergure figurent divers sites sportifs, établissements d’enseignement, hôpitaux et aéroports, y compris de l’affichage numérique pour des espaces publics, commerciaux et résidentiels, entre autres. « Nous sommes donc maintenant omniprésents dans le milieu audiovisuel », déclare-t-il.

Solotech est désormais un guichet unique pour pratiquement toutes les applications nécessitant de l’éclairage, du son, de la vidéo et de l’infrastructure connexe, et ce, en plus de fournir des systèmes de sécurité à tous ses clients.

« L’intégration fait depuis longtemps partie de l’offre de Solotech, précise Philip, mais nous avons élargi cette division au cours des 10 dernières années puisque davantage de sites sportifs ont été construits et que plus de composants audiovisuels sont intégrés dans les centres commerciaux, les hôtels et les ensembles résidentiels. »

À ce stade, l’intégration représente environ 40 % du chiffre d’affaires global de Solotech, mais les divisions des ventes et de la location – compte tenu de leur expertise et de leur pouvoir d’achat – font aussi partie intégrante de la croissance de l’entreprise et du succès continu de la division de l’intégration. Dans tous les cas, Solotech « évalue et comprend d’abord les besoins du client, trouve ensuite le produit, le réseau ou l’application qu’il lui faut, puis s’assure d’être en mesure de l’utiliser au maximum de ses capacités afin de répondre à la demande en ce qui a trait à l’intégration. » Bien sûr, les divisions complémentaires de l’entreprise adoptent cette même approche.

Aujourd’hui, Solotech offre des services à 360 degrés : éclairage, audiovisuel, vidéoconférence, codage vidéo, affichage numérique, radiomessagerie, systèmes de transport intelligents, et plus encore. L’entreprise propose également des services d’intégration, d’installation, de fabrication sur mesure, d’entretien et de réparation pour des applications dans les secteurs de la diffusion, de la culture, de l’enseignement, de la santé, de l’hôtellerie, de la vente au détail, du sport et des transports, aux entreprises privées comme aux organismes gouvernementaux.

« Nous nous sommes tournés vers les activités grandissantes dans le domaine de la vidéo, ajoute Philip à propos des récents développements de la société. Et puisque l’éclairage et la vidéo sont de plus en plus indissociables, cela nous permet d’approfondir notre pénétration sur le marché de l’éclairage. »

Bien qu’elle poursuive son expansion à l’échelle mondiale, le siège social de l’entreprise à Montréal s’avère essentiel pour assurer sa pérennité sur le plan des ressources et du personnel. De plus, même si elle a acquis plusieurs entreprises au fil du temps afin de renforcer sa présence dans des secteurs particuliers, elle met actuellement l’accent sur l’achat d’équipement et la participation au processus de recherche et développement. « Nous ne nous procurons pas seulement du matériel sur les tablettes. Nous disposons de nos propres écrans à DEL neufs et fabriqués par SACO à Montréal – les S6, S12 et S28. Nous ne les fabriquons toutefois pas nous-mêmes, mais nous faisons partie de leur développement, ce qui nous donne un avantage non négligeable. »

Nous adoptons une culture d’innovation partagée, qui profite non seulement à Solotech, mais aussi à nos clients, quel que soit le secteur de marché dans lequel ils évoluent. Encore une fois, Martin Tremblay se demande : « Mais qu’en est-il de l’équipement dont nous n’avons pas encore entendu parler? Qu’est-ce qui sera tendance dans une année ou plus? Nous travaillons également là-dessus. »

Selon lui, répondre aux attentes des clients est une bonne chose, mais il est aussi essentiel d’anticiper, de prévoir et de développer des systèmes, de l’équipement et des technologies qui viendront redéfinir les règles du jeu tant pour les clients traditionnels que pour la gamme croissante de secteurs qui dépendent des technologies et qui, auparavant, relevaient de spectacles, d’événements et d’installations à grande échelle. « En fait, nous devons nous demander comment créer de la valeur », ajoute-t-il.

Même si une entreprise peut survivre, voire prospérer, en gardant le cap, il vaut mieux en offrir toujours davantage – en anticipant et en innovant sans relâche. L’innovation constituait le gage de succès des produits avec lesquels Martin Tremblay travaillait dans l’industrie du jeu, et il en va de même pour ce domaine. En effet, l’innovation partagée est la clé pour l’avenir.

« Comme la plupart de nos clients repoussent leurs limites, nous devons aussi repousser les nôtres, explique Martin. Et cela fait partie intégrante de la croissance de Solotech dans tous les secteurs. Il ne s’agit pas du coût; c’est une question de perception. Les artistes veulent ressortir du lot. Ils cherchent à pousser le bouchon le plus loin possible. »

C’est bien d’utiliser ce qu’il y a déjà sur le marché, mais il est impossible de progresser sans tenir compte des nouveaux produits et services ou laisser libre cours à son imagination en matière de réalité virtuelle, de réalité augmentée et d’interactions en temps réel sur plusieurs plateformes. Et Solotech est déterminée à aller de l’avant.

Solotech a eu la chance de prendre part à des projets de tous les horizons, notamment pour les plus grandes marques du milieu du divertissement et les plus importants artistes du monde.

« Comme vous le savez, Solotech a participé à de nombreuses tournées d’envergure pendant plusieurs années, explique Martin Chouinard. Nous pensons au Cirque du Soleil et à Céline, évidemment, mais nous travaillons maintenant avec Bruno Mars, Paul McCartney et The Rolling Stones. Désormais, nous collaborons aussi à de grands événements d’entreprises comme Amazon, Ali Baba et Walmart. »

« Bon nombre des récents achats de la société ont été effectués par l’entremise de notre filiale américaine, ajoute Martin Chouinard. Nous évoluons donc de plus en plus vers une entreprise de tournée de calibre mondiale. En ce moment, nous sommes en tournée avec Lady Gaga et venons de terminer une tournée mondiale avec The Weeknd. Nous collaborons effectivement davantage avec des artistes de renom partout dans le monde. »

Selon Martin Chouinard, la croissance et le succès constants ne reposent pas uniquement sur les ressources, mais aussi sur le niveau de créativité et de qualité qui se cache derrière tout travail accompli, le fruit de l’équipe talentueuse de Solotech. Bien que l’entreprise se soit étendue vers d’autres marchés, les efforts déployés au sein de l’organisation et de concert avec de proches collaborateurs – en particulier en recherche et développement – s’avèrent essentiels pour répondre aux besoins des clients et leur permettre de repousser leurs limites pour leurs propres clients et parties prenantes.

« Nous recherchons seulement des personnes très talentueuses pour grossir les rangs de notre équipe. C’est la chose la plus importante, admet Martin Chouinard. La croissance de l’entreprise en termes de taille et de revenus, y compris l’augmentation de 100 % des revenus locatifs sur une période de cinq ans, repose en grande partie sur « l’embauche des bonnes personnes et leur intégration à l’équipe. Tout ne dépend pas de l’équipement, résume-t-il. Ce sont les gens qui font la différence. »

Les efforts de Solotech demeurent, à tous les niveaux, axés sur le client. Le Cirque du Soleil et Céline Dion sont des noms maintenant familiers à l’échelle mondiale, mais tout au début, ils étaient connus seulement au Québec. De même, d’autres clients, comme le festival Juste pour rire et le Festival international de jazz de Montréal, ont enregistré une croissance exponentielle au fil des années. Sur le plan cyclique, les revenus générés par ces marques prestigieuses permettent à Solotech de continuer à soutenir des artistes et des projets moins célèbres.

Grosso modo, Solotech a autant prospéré non seulement grâce à l’évolution de ses technologies et services, mais aussi en établissant et en entretenant des relations étroites – souvent devenues des amitiés – avec ses clients, ce qui en dit long sur la culture de l’entreprise.

« C’est bien vrai, affirme Martin Chouinard, faisant référence au violoniste hollandais André Rieu, qui figure souvent parmi le palmarès annuel des 20 artistes itinérants les plus lucratifs de Pollstar, à titre d’exemple. Il parcourt le monde entier, et nous travaillons avec lui depuis 20 ans déjà. Nous avons tissé des liens serrés avec beaucoup de clients, qui sont heureux de collaborer avec nous. Encore une fois, nous mettons notre expérience et nos connaissances à profit pour tenter de passer à l’étape suivante. »

En bref, les efforts de Solotech visent à offrir une solution clé en main pour faire économiser temps et argent à ses clients, tout en réduisant au minimum la nécessité de traiter avec plusieurs fournisseurs.

Il s’agit d’un objectif qui continue de guider l’approche de l’entreprise, laquelle travaille à l’intégration de nouvelles technologies dans des applications et des marchés émergents. « Beaucoup de technologies sont banalisées, nous devons donc constamment nous réinventer, en plus de réinvestir dans notre personnel et de le former, affirme Philip Giffard. Cependant, il y a eu beaucoup plus d’applications du côté de la vidéo, par exemple – sur les panneaux d’affichage numériques, dans les villes intelligentes, dans les stationnements et dans les transports publics ainsi que de la réalité virtuelle haut de gamme dans les hôtels, les centres commerciaux et les immeubles en copropriété. Alors que nous étions auparavant beaucoup plus présents dans des lieux sportifs et de divertissement, nous nous sommes maintenant vraiment diversifiés. Un tout nouveau monde s’est ouvert à nous. »

Maintenant que le consommateur moyen est de plus en plus averti et que les technologies qui n’étaient installées que dans des environnements spécialisés sont désormais omniprésentes et touchent chaque aspect de notre vie, ce nouvel univers gagne en importance.

« Encore une fois, les capacités de Solotech sont cruciales, souligne Philip Giffard. Parce que nous avons les moyens d’investir dans nos employés, dans la recherche et dans des domaines prometteurs et de former notre personnel en conséquence. C’est un différentiateur clé pour nous. »

Pour ce qui est de l’expansion physique de l’entreprise à l’étranger, Martin Tremblay dit : « Nous l’envisageons sérieusement, mais nous voulons nous y prendre d’une manière pertinente. Plutôt que de gonfler notre ego en nous étalant un peu partout dans le monde, nous essayons de définir les segments de marché qui nous intéressent et dans lesquels nous sommes doués. »

Si nous nous fions aux 40 dernières années, il ne leur faudra pas beaucoup de temps pour arriver à leurs fins.

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Kevin Young est un musicien et auteur pigiste établi à Toronto.

Professional Lighting & Production, Winter 2017 Vol. 21 No. 4

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